Une désolation

lundi 14 mars 2011
par  sylvain
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Il a environ 70 ans, sa fille est mariée à un pharmacien, ce qui est pratique pour les potions, et son fils fait de la planche à voile à Hawaï. Et sa nouvelle femme, Nancy, s’engage en faveur de diverses causes, toutes plus tartes les unes que les autres.

Quelle tristesse, que de voir ces gens qui s’estiment heureux, ou qui cherchent le bonheur, sans jamais se rappeler le goût du combat, le goût de l’opposition. Un monde d’indifférence, finalement, car l’opposition, c’est aussi la reconnaissance de l’autre, alors que le bonheur personnel n’est qu’un repli sur soi.

Comme Lionel, mais lui, c’est un choix, il regarde son arbre. Depuis 40 ans, son seul problème, c’est l’immanence de la fenêtre, l’absence de modification qui viendrait rompre l’harmonie des saisons. Même si Léo, lui, il en est mort, de cette engagement, amoureux d’une femme qui l’a rendu fou, car elle refusait d’admettre qu’il puisse être libre, et réclamait le même droit, coucher avec un autre.

Et en fait, toute cette dureté, c’est peut être simplement la pudeur, la peur du sentiment, la difficulté du dire, quand ça nous touche.


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samedi 19 mars 2011 à 22h24, par  sylvain

Bien que l’opus fasse plus de 100 pages, ce qui fait long pour un monologue, c’est réellement court et très facile à lire.

Parce que tous (en tout cas moi, c’est sûr), on a déjà eu ce type de pensées dans la tête. Des pensées faites pour éviter de sombrer, de reconnaître nos erreurs, nos petitesses, nos attirances repoussées ou juste ignorées.

Des pensées pour éviter de penser que d’autres sont jeunes, et peuvent, aujourd’hui, profiter d’un bonheur qui nous paraît tout simplement incompréhensible, nourris d’obligations et de devoirs comme nous l’avons été (enfin, j’abuse un peu, quand même).

Et donc, ça fait du bien, de constater qu’il y en a d’autres, des comme nous, plus admiratifs des copains totalement reclus, devant leur arbre ou entre leurs maitresses, que des gens qui vivent en connexion avec la société. telle qu’elle est, juste pour le plaisir égoïste d’être bien. Être bien à faire le bien, voire être bien à se faire du bien.

Pour ne pas avoir à constater que le monde à changé, et que les combats d’autrefois n’ont finalement mené nulle part, que personne ne les a gagnés, ces engagements totaux pour lesquels on aurait été prêt à donner son temps, voire sa vie. Et qu’il est peut être tout simplement meilleur d’aller dépenser son argent dans les pays moins développés, comme touriste profiteur, pour en assurer le développement.

Mort du communisme, rendu inutile par des options sociales d’un capitalisme de masse, entraîné dans la bienfaisance par Max Havelaar (oui, OK, ce n’est pas dans le livre, j’en rajoute un peu).

Et donc, pour conclure, un monologue de vieil homme, juste ce qu’il faut décapant pour faire cogiter sur plein de sujets, et peut-être éviter de devenir un vieux con. Merci, Mme Reza.

A lire. D’urgence.

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